La chute de cheveux fait partie de la vie du cheveu. Chaque jour, des cheveux arrivés au terme de leur cycle tombent, pendant que d'autres commencent à pousser. Ce renouvellement passe inaperçu la plupart du temps. Il devient visible quand plus de cheveux tombent qu'il n'en repousse, ou quand les nouveaux cheveux sont plus fins.
Cet article aide à comprendre ce qui se passe et à repérer les situations qui demandent l'avis d'un médecin ou d'un dermatologue. Il ne remplace pas une consultation.
Le cycle de vie du cheveu
Une chevelure compte en moyenne de 100 000 à 150 000 cheveux. Chacun suit un cycle en trois phases, indépendamment de ses voisins :
| Phase | Durée approximative | Ce qui se passe |
|---|---|---|
| Croissance (anagène) | 2 à 7 ans | Le cheveu pousse d'environ 1 cm par mois |
| Transition (catagène) | Quelques semaines | Le follicule se rétracte, la croissance s'arrête |
| Repos puis chute (télogène) | Environ 3 mois | Le cheveu reste en place puis tombe, poussé par le nouveau |
À un instant donné, la grande majorité des cheveux est en phase de croissance, et une petite partie en phase de repos. C'est cette dernière qui explique la chute quotidienne, considérée comme normale jusqu'à 50 à 100 cheveux par jour environ. Elle peut être plus importante les jours de shampoing, car le lavage et le démêlage emportent les cheveux déjà détachés.
La chute saisonnière
Beaucoup de personnes constatent une chute plus importante à certaines périodes, souvent en automne et, dans une moindre mesure, au printemps. Elle est temporaire et ne dégarnit pas la chevelure. Elle ne nécessite pas de traitement.
Les chutes diffuses passagères
Le principe
Un événement brutal peut faire basculer en même temps un grand nombre de cheveux en phase de repos. Ils tombent tous ensemble deux à trois mois plus tard, d'où la difficulté à faire le lien avec la cause. Les médecins parlent d'effluvium télogène.
Les causes fréquentes
- L'accouchement : pendant la grossesse, les cheveux restent plus longtemps en phase de croissance ; après la naissance, ils tombent en nombre, souvent entre le deuxième et le quatrième mois.
- Une forte fièvre, une infection, une opération chirurgicale.
- Un régime amaigrissant sévère ou une perte de poids rapide.
- Un choc émotionnel ou une période de stress intense.
- L'arrêt d'une contraception hormonale ou certains médicaments.
- Une carence, notamment en fer, ou un trouble de la thyroïde.
L'évolution
Quand la cause est passagère, la chute s'arrête généralement en quelques mois, et les cheveux repoussent. La chevelure retrouve sa densité en six mois à un an. Si la chute se prolonge au-delà de six mois, une recherche de cause s'impose, notamment par une prise de sang.
L'alopécie androgénétique
C'est la cause la plus fréquente de perte de cheveux progressive, chez l'homme comme chez la femme. Sous l'effet combiné de la génétique et des hormones androgènes, certains follicules raccourcissent leur cycle et produisent des cheveux de plus en plus fins, jusqu'à ne plus produire de cheveu visible.
- Chez l'homme, elle dégarnit souvent les tempes (golfes) et le sommet du crâne (vertex).
- Chez la femme, elle éclaircit plutôt le dessus de la tête, avec une raie qui s'élargit, en préservant généralement la ligne frontale. Elle est fréquente après la ménopause, mais peut commencer plus tôt.
Elle évolue lentement, sur des années. Des traitements existent et sont d'autant plus efficaces qu'ils sont commencés tôt : un médecin ou un dermatologue peut les prescrire ou les conseiller, et en expliquer les contraintes et les effets indésirables.

Les chutes en plaques
La pelade
La pelade provoque l'apparition brutale de plaques rondes sans cheveux, à la peau lisse et normale. Il s'agit d'une maladie auto-immune : le système immunitaire s'attaque aux follicules, sans les détruire. Les cheveux repoussent souvent spontanément, mais l'évolution est imprévisible. Une consultation est nécessaire.
Les teignes et autres causes
Des plaques avec des cheveux cassés, des squames ou des rougeurs peuvent évoquer une infection du cuir chevelu par un champignon, plus fréquente chez l'enfant, qui se traite. D'autres maladies, plus rares, détruisent le follicule et laissent une cicatrice : elles demandent un diagnostic rapide pour limiter la perte définitive.
La chute liée aux coiffures et aux soins
La traction répétée, par des queues-de-cheval serrées, des tresses tirées, des extensions lourdes ou des chignons tendus, peut finir par dégarnir les tempes et le front. C'est l'alopécie de traction. Prise tôt, elle régresse quand on supprime la traction ; installée depuis longtemps, elle peut devenir définitive. Notre article sur les extensions de cheveux détaille les précautions.
Les décolorations, lissages et appareils chauffants ne font pas tomber les cheveux à la racine, mais provoquent une casse des longueurs, qui peut donner une impression de chute. Un cheveu cassé n'a pas de petit bulbe blanc à son extrémité, contrairement à un cheveu tombé. Voir notre guide des cheveux secs et abîmés.
Observer sa chute : un carnet utile
Avant de consulter, quelques observations faciliteront le diagnostic. Notez pendant deux à trois semaines :
- depuis quand la chute a commencé, et si un événement l'a précédée de deux à trois mois (accouchement, maladie, régime, deuil, changement de traitement) ;
- comment les cheveux tombent : en touffes au lavage, un par un sur l'oreiller, cassés au milieu ;
- où la chevelure s'éclaircit : sur l'ensemble, sur le dessus, aux tempes, en plaques ;
- les signes associés : démangeaisons, brûlures, pellicules, fatigue, changement de poids ;
- vos habitudes : coiffures attachées, produits, appareils chauffants, colorations récentes.
Des photos du dessus de la tête, prises au même endroit et sous la même lumière à quelques semaines d'intervalle, sont aussi très parlantes. Elles permettent de juger objectivement l'évolution, souvent difficile à apprécier dans le miroir.
Quand consulter
Consultez votre médecin ou un dermatologue si :
- la chute est brutale et abondante, ou dure plus de trois à six mois ;
- vous voyez apparaître des plaques sans cheveux ;
- votre raie s'élargit ou votre cuir chevelu devient visible ;
- la chute s'accompagne de démangeaisons, rougeurs, croûtes, douleurs ou de cicatrices ;
- elle est associée à d'autres signes : fatigue importante, prise ou perte de poids inexpliquée, troubles des règles, acné ou pilosité inhabituelles ;
- elle concerne un enfant.
Le médecin examinera le cuir chevelu, pourra réaliser un test de traction, et prescrire si besoin une prise de sang (fer et ferritine, thyroïde, vitamines, bilan hormonal). Une anémie par manque de fer, fréquente chez les femmes, peut par exemple entretenir une chute diffuse.

Ce qui aide, ce qui n'aide pas
Ce qui aide
- Traiter la cause quand elle est identifiée : carence, trouble thyroïdien, arrêt d'un médicament en cause, sur avis médical.
- Les traitements de l'alopécie androgénétique prescrits ou conseillés par un professionnel de santé.
- Une alimentation équilibrée, suffisamment riche en protéines, en fer et en zinc.
- Des gestes doux : démêlage délicat, coiffures non serrées, températures modérées.
Ce qui n'aide pas, ou peu
- Les shampoings « antichute » : un shampoing reste quelques minutes sur le cuir chevelu ; il peut rendre les cheveux plus agréables, mais ne fait pas repousser des cheveux.
- Les compléments alimentaires : leur intérêt n'est démontré qu'en cas de carence, à confirmer par un bilan. Pris sans besoin, ils n'ont pas d'effet prouvé, et un excès de certaines vitamines peut être nocif.
- Couper ses cheveux : la coupe ne fortifie pas la racine. Elle peut en revanche donner une impression de densité.
- Laver moins souvent : le lavage fait tomber des cheveux qui seraient tombés de toute façon. Notre guide de la routine capillaire explique comment laver ses cheveux en douceur.
Camoufler en attendant
Pendant qu'une chute passagère se résorbe ou qu'un traitement agit, quelques astuces aident à se sentir mieux :
- une coupe plus courte et structurée, qui donne de la densité ; voir notre article sur les cheveux fins ;
- un changement de raie ;
- des poudres et sprays colorés pour le cuir chevelu, qui masquent les zones claires ;
- un coiffage volumateur aux racines ;
- des compléments capillaires ou des perruques, avec l'aide de professionnels spécialisés.
Questions fréquentes
Le stress fait-il vraiment tomber les cheveux ?
Un stress important et brutal peut déclencher une chute diffuse quelques mois plus tard. Il peut aussi favoriser une pelade chez les personnes prédisposées. Le stress chronique ordinaire, en revanche, n'est pas à lui seul une cause démontrée de calvitie.
Le port du bonnet ou de la casquette fait-il tomber les cheveux ?
Non, sauf s'il est très serré et frotte en permanence au même endroit. Un bonnet propre et adapté n'a pas d'effet sur la chute.
Les cheveux repoussent-ils après une chute après accouchement ?
Oui, dans la grande majorité des cas. La chevelure retrouve en général sa densité en six mois à un an. Si la chute persiste au-delà, parlez-en à votre médecin, qui pourra rechercher une carence en fer ou un trouble de la thyroïde, fréquents après une grossesse.
En résumé
Perdre quelques dizaines de cheveux par jour est normal. Les chutes diffuses après un événement marquant sont souvent passagères. Une chute brutale, prolongée, en plaques, avec des signes du cuir chevelu ou d'autres symptômes, ou une chevelure qui s'éclaircit progressivement, justifient une consultation. Notre e-book Comprendre la chute de cheveux propose un carnet d'observation à remplir avant le rendez-vous médical.
Sources et références
- Vidal — chute de cheveux, symptômes, causes et traitements — www.vidal.fr
- Vidal — chute de cheveux diffuse — www.vidal.fr
- Vidal — alopécie androgénétique — www.vidal.fr
- Vidal — chute de cheveux en plaques — www.vidal.fr
- Vidal — traitements de la chute de cheveux — www.vidal.fr
- Assurance Maladie — anémie — www.ameli.fr



